Elle se met sur lui, embrassant son visage tandis qu’il fait courir ses mains sur ses hanches. Elle sent, sous elle, la virilité prisonnière du sous vetement lui carresser le bas ventre, pulser et rayonner de chaleur. Son soutien-gorge défaille, libérant enfin sa lourde poitrine qui se fait aussitôt happer par deux mains avides. Caresses, douceur extrême, jeu habile. Agaçant les tétons sans jamais les toucher franchement. Un langoureux frisson la parcourt alors qu’elle se replie sur lui, échappant à l’emprise de ses mains, se détachant du contact de son sexe. Elle embrasse la poitrine imberbe, joue avec son nombril qui se rétracte sous ses coups de langue amusés.
Elle se détend, féline, étirant son corps au dessus du sien, effleurant ses seins contre sa poitrine : à chacune des respirations haletantes de ce dernier ils s’écrasent pleinement contre lui. Les mains du jeune homme la plaquent contre lui, tous deux étourdis laissent leurs corps parler à leur place, elle sent le membre de son compagnon tenter de l’envahir, freiné dans sa progression par leur tissus protecteurs. Elle s’offre, se sachant imprenable, s’appuie de tout son poids sur lui en un soupir évocateur. Elle goutte avec délectation les lèvres pulpeuses, étrangement charnues pour un homme, trouve le goût de sa salive exquis, s’amuse de leur jeux de langues, se quittant pour mieux se rejoindre.
à domicile. Elle se dit que l’odeur de l’encens doit la préserver d’autres moins douces, la musique qui lui avait tant plu la fois précédente coule de nouveau dans ses oreilles, clarinette, et guitare maure… Mais de tout cela elle ne se soucie que fort peu, toute son attention est fixée sur ce mec qui la met dans un état si agréable.
d’une couleur similaire, épousant ses formes opulentes avec une précision diabolique, poussant le vice à dessiner le bout de ses seins, grain après grain, les dévoilant tendu au travers du tissu.
Cela fait deux semaines qu’il est sans nouvelles, deux semaines interminables où chacune des secondes passées avec Elle le hante sans cesse. L’euphorie s’est peu à peu muée en une mélancolie indescriptible. Ce soir la mélancolie est cafardeuse. Mais ce cafard, il le goûte dans ses moindres replis, appréciant pleinement cet état qu’il n’ose nommer. La pluie bat la fenêtre avec intensité. A l’origine de ses sombres pensées, elle tombe violemment depuis quelques minutes comme si de rien n’était, les nuages sont tellement sombres qu’il est forcé d’allumer sa lampe halogène, luminosité faible, presqu’ombre, comme si le soleil, déjà, disparaissait se reposer. Le sien est parti il y a onze jours exactement. Il aurait pu appeler mais n’a osé le faire, n’ayant rien à dire de particulier, voulant juste l’entendre, il aurait dû… Anouar Brahem et son « conte de l’incroyable amour » accompagne le chant plaintif de la pluie, le chant de son cœur… De nombreuses fois il a maudit sa mortelle timidité, il se dit qu’elle ne s’est pas sentie désirée, qu’il cache trop tout ce qui l’assaille, mais à chaque fois, il en arrive à la même conclusion : il n’aurait de toute façon rien pu faire de plus. Il ne faut pas regretter ce qui est fait. Les heures passées en Sa compagnie furent magiques, grâce aussi à sa timidité.
Elle lui tourne le dos, le remercie une dernière fois, lui dit qu'elle espère qu'il refera ses fanfaronnades... puis elle s'enfonce dans le couloir. Elle sait qu'il la regarde onduler et en prend un plaisir intense. Il lui répond qu'il n'y manquera pas, la voit disparaître dans l’obscurité de la cage d’escaliers. Il reste immobile longtemps, à écouter le bruit de ses pas s'éloignant dans la nuit puis, doucement, il referme la porte.
« Je t’offre un verre de thé pour parfaire la soirée ? » Elle acquiesce en silence et l'observe tendrement s'affairer dans la cuisine américaine. Une cuisine de célibataire : un peu désordonnée, casseroles de-ci de-là, une serviette abandonnée trône négligemment sur l’évier.. Sandra aime cette atmosphère, elle s'y sent légère, en sécurité même. Il l’a rejoint, muni d’un plateau encombrant : théière marocaine grise métallisée encore fumante accompagnée de son pot en bois sombre, duquel déborde une mosaïque de sucres en morceaux, une mosaïque de couleurs : canne, blanc, brun et candi. Deux petits verres aux bords rehaussés d'ornementations vertes complètent le service. Il verse le thé presque bouillant d'un geste ample dirigé par l'habitude, suit le cérémonial de reverser les verres déjà servis dans la théière. Elle l’observe, encore, puis rit en lui disant qu'il a des habitudes de mec enturbanné. Sans se déconcentrer de sa tache, il lui explique que c'est pour mieux mélanger le sucre qui est déjà dans la théière. Elle reste songeuse sur ces derniers mots, le regardant terminer en silence. « Prend garde, c'est terriblement chaud » Puis il ajoute doucement :. « Je suis content que tu sois là, chez moi. » Ils sont assis l'un en face de l'autre, les bougies illuminant leurs yeux de mille flammes mouvantes. Elle trempe précautionneusement ses lèvres dans le breuvage, laisse le liquide brûlant inonder ses muqueuses, l'imprégner de cette saveur si particulière, alliage de menthe fraîche de sucre et de thé vert, rappelant si intensément la volupté des anciens nectars. Elle ferme les yeux de plaisir, quand elle les rouvre, le regard de son hôte est plongé dans le sien, brûlant comme le thé et brillant comme un millier de chandelles allumées. Elle se sent convoitée, ardemment désirée. La sensation qui l'avait prise tout à l'heure réapparaît au creux de son ventre, comme une boule d'énergie, une plainte déchirante. Elle décroise puis recroise les jambes, sourit désappointée quand le jeune homme flanche et laisse traîner son regard sur la théière, avec laquelle il joue quelques instants encore pour se redonner bonne figure. Il lui parle, mais elle ne sait pas de quoi. Elle est bien trop perturbée, se demandant ce qui lui pr end.. s'alanguir ainsi sous un regard. La situation lui plait ; elle se surprend à rêver… alors que sa main libre rejoint deja celle du jeune homme, qui joue distraitement avec le couvercle de la théière. Leurs doigts se joignent, s'entremêlent ; leurs regards se trouvent. L'instant paraît durer une éternité, ils se sourient, tous deux intimidés par ce contact si simple mais franc. Sourdement, la conversation reprend, ils parlent des autres, de la vie, de tout et non pas de rien. Leurs mains sont toujours enlacées, mêlées dans une parade érotique complexe, où les doigts sont autant de zones érogènes, où la paume est un lit de tendresse. Leurs propos sont à des lieues des méandres de leurs mains, ils le savent mais se délectent de cette contradiction. Ils terminent leurs verres respectifs dans une ambiance détendue mais intense. Elle se lève en le remerciant pour son accueil, l'embrasse doucement à la commissure des lèvres, sur le pas de la porte. Tandis qu'il la serre contre lui d'un mouvement amical, elle plaque inconsciemment son bassin au sien, sa poitrine pleine écrasée par leur étreinte.. Ils se détachent à regrets.
